Conférence - La Plastiqueuse : œuvres d’alerte exclusivement réalisées à partir de déchets plastiques récoltés sur les plages

Vendredi 5 mars 13:00-14:00 sur inscription

Événement gratuit ouvert aux membre de l’association et aux non-membres.

Les non-membres doivent s’inscrire sur le lien suivant : https://www.eventbrite.com/e/conference-uvres-exclusivement-realisees-a-partir-de-dechets-plastiques-tickets-142168562999?aff=ebdsoporgprofile

Le Club Conférence et le Club Nature présentent conjointement Mme. Vanessa BALCI, artiste et activiste pour la protection de l’océan.

Vanessa BALCI, La Plastiqueuse, se définit comme Art’iviste, car son geste artistique est indissociable d’un activisme écologiste, qui a pris en ligne de mire la pollution plastique, comme l’un des symptômes du dysfonctionnement de notre espèce dans le vivant.

Après des années en Asie Centrale et Caucase pour les ONG Care International et Médecins sans Frontières, elle a vécu à Bethesda entre 2011 et 2014, habite aujourd’hui Bordeaux, sa terre natale. C’est sur le littoral aquitain, qu’elle chérit tant, que l’indignation face à la pollution plastique s’est transfigurée en engagement et en action.

Autodidacte, elle s’est réinventée artiste sans l’avoir prémédité : collecter les déchets sur la plage était évidemment insuffisant et invisible. Dès le premier morceau de plastique ramassé, elle a eu l’intuition à la fois de la force esthétique de la matière et de sa force évocatrice quant à son statut de déchet, déchu, échoué.

Pour ses compositions, Vanessa ne modifie pas les déchets qu’elle récolte. Elle ne modifie ni la forme, ni la taille, ni la couleur et les utilise dans leur beauté intrinsèque pour leur inventer une nouvelle histoire, pour nous consoler de la laideur du monde que nous avons bétonné, nous émerveiller de la nature profonde qui sommeille en nous, nous encourager à l’exprimer pour retrouver un rapport mutuellement pérenne avec tout le vivant.

Dix ans plus tard, La Plastiqueuse expose son travail, vit de ses œuvres, va à la rencontre des enfants, des lycéens, des étudiants et de tous les publics pour accompagner et compléter ses œuvres de sensibilisation par des conférences d’information sur les enjeux de la pollution dans l’océan. En qualité de bénévole, elle milite au sein de l’association Surfrider Foundation Europe, et fait partie d’un collectif américain d’artistes internationaux engagés pour l’océan, International Splash Trash Art Expo, (Art | SplashTrash International) qui va à la rencontre des industriels et des lobbys plastiques pour les questionner sur leurs responsabilités.

Concernant une de ses toiles, La Matrice, 2019, elle dit :

J’ai un grain ! Le 14 août 2019, sur le courant d’Huchet, à l’entrée même de la réserve naturelle de ce site exceptionnel et unique du littoral aquitain, coiffée de ma casquette de molysmologue, j’ai effectué un prélèvement de la pollution dans la laisse-de-mer historique. Dans cette accumulation de sédiments organiques déposés là par les vagues, s’échouent aussi tous nos déchets d’origine humaine, essentiellement plastiques.

L’été, des hordes de tracteurs cribleurs ratissent les plages pour ne pas faire mentir la carte postale et son rêve de sable fin. Mais les mailles de la cribleuse sont trop grossières pour capturer les micro-plastiques, inférieurs à 5mm.

On distingue :

  • les micro-plastiques secondaires, issus de la fragmentation des objets par la photodégradation due aux UV du soleil et par l’abrasion des vagues. Ce sont des fragments anguleux, aux arrêtes accidentées ;
  • des micro-plastiques primaires, objets entiers produits ainsi par l’homme. Et à cette taille-là, il s’agit des GPI, granulés plastiques industriels, plus communément appelés « larmes de sirène ». C’est sous la forme de ces petites perles qui font entre 2 et 5mm que la majorité des plastiques sortent de la raffinerie de pétrole. L’homme en produit 400 millions de tonnes par an. C’est plus que le poids de l’humanité. Nous produisons et consommons plus d’une humanité de plastiques par an. Notre addiction est vertigineuse.

[…]

Le 14 août, j’ai donc prélevé 1m2 de sable sur 5cm de profondeur. Soit 6 litres de sable, tamisés à la passoire de cuisine acier, maille N°18, ouverture 1,2mm. S’en est suivi, à la pince, un tri minutieux et exhaustif des granulés d’un côté et des microplastiques secondaires de l’autre. Alors à votre avis, sur 1m2 de plage, quelle densité de pollution se cache sous nos serviettes ?

La réponse est dans La Matrice, un tableau d’1m2 identique à la surface du prélèvement. 9800 granulés et je vous laisse compter les fragments… et extrapoler ces chiffres sur les 230 KILOmètres de côte aquitaine, ou sur les 5401 km de côtes sableuses françaises, et au-delà…

Pour mieux comprendre son travail, visionnez (20+) Facebook et (20+) Facebook

N.B sur la photo de la présentation : ‘Mercy Hokusai’, œuvre réalisée entre août et décembre 2014, 195x130 cm, d’après Katsushika Hokusai, La grande vague de Kanagawa, 1831. Cette seule œuvre est composée de 10 kilos de déchets plastiques mais en moyenne La Plastiqueuse sort entre 150 et 200 kilos de déchets par an. Une poussière à l’échelle phénoménale du problème, mais elle fait sa part et ses œuvres la décuplent en touchant au cœur des spectateurs.